Lande...

Lande...
Les dernières lueurs solaires s'effacent à l'horizon, et la lande s'assombrit. Les hautes herbes sont balayées par un vent de mer salé et corrosif, qui creuse les falaises et qui couche les joncs. Le ciel est lourd et orageux, il gronde et oppresse la terre meurtrie. L'océan est vert et profond, mêmes les eaux proches sont insondables, et inquiétantes. Le petit village de bois et de pierre en contre bas se plie aux rudes caprices de la nature. Les derniers pêcheurs scellent les amarres des longs baleiniers et ramènent les canots sur le rivage. La mince digue qui protège le port est déjà submergée. C'est comme si le monde devenait étroit, que le ciel écrasait la terre. La nuit tombe dans un climat de crainte et de tension. La lumière chaleureuse et accueillante qui sort des fenêtres des quelques masures illumine le village à présent plongé dans les ténèbres de cette tempête. Le vent fait trembler les portes, claquer les fenêtres, il éteint les foyers des cheminés et fait craquer le bois des bateaux, les pavillons se déchirent. Un froid est jeté dans les c½urs, et l'effroi y demeure. Par une lucarne lestée de sa buée, on aperçoit les hautes vagues qui ondulent comme des dos de créatures aquatiques légendaires, les éclaires lacèrent le voile noir par à-coups incisifs. Et au loin, on aperçoit le ciel qui se mélange à la mer, le sombre noir vaporeux se marier avec le vert émeraude surnaturel des fonds inexplorés. Toute la charpente craque, on se sent sur le fil, la colère divine oeuvre à la porte, seuls les murs nous séparent de l'extérieur hostile et inconnu. Ceux qui, hélas, n'étaient pas rentrés sont maintenant engloutis par l'immensité des flots.
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# Posté le mardi 19 juin 2007 21:11

Modifié le samedi 23 juin 2007 19:37

Strips...

Strips...
Bonsoir,

J'avais dis que je prendrai le temps de réécrire cet article alors voilà, je m'y mets...

Je pensais faire une présentation des strips et une description de la manière dont Sylvestre et moi, nous les élaborons. Mais je laisse ça pour un peu plus tard. En fait, j'avais plutôt en tête de faire un petit paragraphe sur le dessinateur attitré de ces délires psychédéliques absurdes.

Donc, comme je l'ai sûrement déjà dit, l'absurde est une des clé de ce travail. Ce n'est pas le manque de cohérence que nous recherchons avant tout, non, mais cela constitue du moins l'atmosphère qui nous entoure et l'esprit qui nous habite lors de ces instants de "création". Nous baignons donc dans un état de conscience qui nous permet de comprendre le monde différemment, de l'envisager autrement. On pourrait même parler d'autre niveau de conscience. L'idée que j'avais était de mettre en avant un point qui me fascine dans l'art et ses acteurs, notamment le dessin. On ne soupçonne pas, en effet, le talent d'un individu avant de le connaître. Sylvestre est un exemple type pour ce cas de figure, car d'un point de vue vestimentaire sans influence, dans le style le plus classique et le plus sobre qui soit. On ne pourrait déceler le moindre revers de ses compétences de par son apparence et pourtant, à l'½uvre il s'avers être un prodigieux créateur. Le genre de personnage dont on croirait doué d'une infini source d'inspiration intérieur, le genre d'artiste qui pourrait inventer de nouvelles couleurs ou de nouvelles sonorités, à partir d'aucune influence connue. Les idées germent dans son esprit, descendent par son cou et parcourent son bras jusqu'à faire frémir une main au trait précis et visionnaire qui se crispent et transcrit les influx en formes infiniment variées. Tel la naissance des idées représentée à la manière de Bill Plympton. Les lignes s'assemblent en formes simples qui s'agencent en formes complexes et compliquées pour donner un enchevêtrement de matière organique s'organisant autour de la droiture mécanique...

Ceci n'est qu'une entrevue sur les capacités d'un seul créateur. Mais, dans un article précédent, il est écrit que "La capacité à produire sans reproduire n'est pas proportionnel au nombre de créateurs, elle est infiniment plus élevée.", cette phrase exprime le caractère illimité de l'imagination, et laisse voir un horizon de perspective toujours repoussé et inaccessible par nature.

Voilà, c'était un aperçu sur le dessinateur de ces extravagances en deux dimensions et une troisième illusoire (quoique...).
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# Posté le mardi 22 mai 2007 17:54

Modifié le lundi 28 mai 2007 18:40

Sang et fumée...

La sonnerie du téléphone retentit, et m'extrais de mon état léthargique. Mes yeux s'ouvrent sur mon âme et le monde des vivants. Mes lèvres s'ouvrent et je laisse échapper mon premier soupir depuis que je me suis endormi. Je me redresse, récupère mes fonctions motrices et me lève. Je saisis le téléphone et réponds.

Moi : "Allo..."
L'autre : "Pardon pour le réveil... Tu songeais ? Bref... Ca va ?"
Moi : "Hhmmm... Ouais... Je plane un peu là. Qu'est ce que tu veux ? Enfin pardon, et toi ?"
L'autre : "Ca va, hehe. Je t'appelle pour te proposer de me rejoindre et de partager des choses imaginaires à l'aide de divers spiritueux... Si ça te dit..."
Moi : "Ben... Ouais, j'arrive... Dans pas longtemps."

Mes clefs tintent dans ma poche, leur son résonne tandis que je déambule dans le noir. J'effleure les murs de mes mains. Depuis le temps, je connais les distances par c½ur, je sais quand il me faut tourner. Mes doigts trouvent instinctivement les verrous, que je défais. Un halo de lumière blanche envahi mon univers, je suis mis à nu. Je traverse un étrange endroit, brillant, dont le sol est recouvert de carreaux blancs de salle de bain. Puis, j'arrive dans la rue, il fait nuit dehors. Le ciel accueille une Lune timide et mince, il est d'un bleu fantastique, clair. C'est un ciel sur le fil de la fin du jour, que le soleil éclaire à l'horizon de ses derniers rayons mourant. Les grandes et fines cloches de métal, auxquelles sont suspendus des globes de verre contenant chacun une fée qui rougeoie, illuminent le trottoir d'une teinte de feu. Des échafaudages sur le coté semblent être un chemin de facilité dans la clarté encore présente. Je m'engouffre sous les poutres de fer. Elles sont humide et laissent tomber quelques gouttes sur mes épaules. L'une perle sur ma joue, je l'essuie du dos de ma main et regarde ensuite sa trace agonisante coulant sur ma peau. Elle scintille comme une étoile. J'arrive enfin au lieu du rendez vous, une petite impasse en retrait d'une rue pavée. Je pianote maladroitement une combinaison hasardeuse, mais juste, qui déclenche l'ouverture de la porte avec un bruit grave et perçant de mécanisme. Il fait noir dans ce hall circulaire, des miroir de chaque coté développent l'infinité de l'espace, on y voit son image à perte de vue. Distrait par cette vision je vacille et me retient aux boites aux lettres. Dernier étage... L'odeur de cire des escaliers me rappellent des souvenirs flous et lointains. La rampe de bois grimpe comme un lierre fou à travers les étages. Le plancher grince et me parle presque... Je frappe à la porte du fond, personne. Soudain, grâce à un discret rayon de Lune venant de la fenêtre du palier, j'aperçois une petite clé enfoncée dans le milieu de la porte, une sorte de réceptacle en métal, une serrure de laquelle on ne peut l'enlever. Une inscription en caractère ressemblant aux anciens pochoirs indique "Tournez, s'il vous plait". Je procède... J'actionne ce nouveau rouage qui sonne comme un minuteur. J'attends... Enfin la porte de bois s'ouvre et je vois apparaître une silhouette dans l'obscurité de l'entrée. Il y a quelques lumières rougeâtres, chaudes et rassurantes derrière.

L'autre : "Entre, installe toi, je vais cherchez du thé."
Moi : "Oui, merci... Bonsoir au fait... J'ai mis un peu de temps, je contemplait une goutte d'eau..."

Plongés dans un climat irréel, nous discutâmes longtemps sur divers sujets vaporeux. Les liqueurs embrumèrent nos consciences et nous nous laissâmes aller à tout un tas de discours sur les émotions et les sentiments. Ainsi que sur d'autres thèmes excentrés, mais non sans cohérence.

L'autre : "C'est une discipline à deux composantes, donc la valeur du message réside grandement dans l'attention."
Moi : "Oui... Il y a ceux qui écoutent, et ceux qui jouent. On peut tout écouter, sans limites apparentes, mais on ne peut malheureusement pas tout jouer..."
L'autre : "Quoique l'on puisse essayer, tout de même..."

Nous relatâmes différents souvenirs communs, des histoires de ci de là. Apres quelques heures parvint un instant d'hésitation, inévitablement la nature humaine nous y amena. Une gorgée de thé sucré, quelques fumés volatiles et une lumière confortable accentuèrent un désir latent. La fenêtre émit un faible grincement, suivit d'un courant d'air frais et subtile. La faiblesse a véritablement quelque chose de séduisant. La chaleur de la peau nourrit l'esprit d'une exaltation chimique, aveuglément addictive et la chair d'une flamme sensuelle...
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# Posté le lundi 21 mai 2007 18:58

Retournement de situation...

Retournement de situation...
Voilà un strip de trois cases inventé un soir de défaillance psychique. La chute sort de mon crane pour celui ci, les dessins sont de Sylvestre. D'autres vont certainement suivre, certaines idées sont déjà écrites...

Il ne faut pas chercher de sens à une telle oeuvre, ce n'est vraiment pas une question apropriée. Parfois, c'est dans l'absurde que l'on trouve le plus de cohérence. La réalité physique admet une marge d'inventivité, mais on en voit rapidement les limites. Tandis que l'imaginaire est un terrain vague nullement contraint par des lois où des principes. On peut y afficher ce que l'on souhaite et peut etre meme, avec de la technique et de l'idée, y introduire des sons et des signaux olfactifs, mais on s'éloigne du sujet. C'est juste une façon de faire passer un message, afin de mieux "cerne" ce genre de création...
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# Posté le lundi 21 mai 2007 09:07

Démence...

Démence...
Il était comme un frère pour nous tous, et un père exemplaire pour ses enfants. Sa contribution fut des plus honorables. Il a mené une sainte vie car c'était un homme bon, généreux et vertueux. Des son plus jeune age jusqu'à ces temps tragiques et obscures, il s'est conduit selon la rigueur et la droiture de la Loi et du puissant. Malgré toute une existence de foie et d'abnégation, il s'est laissé tenté. Voyez comme même le plus grand d'entre nous peut flâner sur les voies du démon. Nous avons tué ce soir le germe malin qui sommeillait en lui, et qui le mena à la démence. Nous le regretterons longtemps, mes mots ne sont pas exempts de souffrance et de peine. Libérée des griffes de la bête et de ses chairs, son âme va maintenant pouvoir voler vers les Cieux car, croyez moi, telle est sa place.

Que nos prières le guident sur les chemins de la mort, et que dans le trépas il trouve le réconfort.
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# Posté le mercredi 02 mai 2007 19:07