Sin

C'est au beau milieu de la nuit que s'opère cette aversion. Glaciale et perçante, elle est aussi teintée de souffrance et de folie. L'objet de tout ceci est parfaitement indiscernable, je ne parviens pas à saisir l'origine d'un tel tourment.

C'est alors que, perdu dans cette nuit noire et embrumée, apparaît une créature. Sa silhouette est encore éthérée et ses contours sont encore flous, mais j'arrive à la visualiser. Elle se clarifie, et m'observe. Des yeux en amande, de couleur noisette. Un regard curieux, étonné, mais sérieux jusqu'à l'étrange.

La colère est alors descendu, mais dans mon esprit commence à germer quelques idées sombres. Cette nuit noire offre des songes du même tin. Ce n'est plus elle, qui par sa prestance, surplombe mon entité. C'est maintenant sa destinée qui est sous le gant de fer de la mienne.

De mauvais instincts me forcèrent à lui nuire, à la pousser jusqu'à l'angoisses et aux larmes. Mais voilà ce qui arrive lorsque l'émotion remplis sa jauge jusqu'à l'excès et qu'elle accentue davantage nos pensées extrêmes. Plus on se donne à elle et plus on s'éloigne d'une sagesse chaste et céleste.

Jusqu'à la détruire...

# Posté le lundi 30 avril 2007 18:10

Accélération

Accélération
Si on pouvait seulement mettre la main sur cette chose fascinante. Sans meme forcément y acceder, mais ne serait ce que comprendre. Aucun fondement n'existe à son sujet, elle est connue de beaucoup mais personne n'en sait long sur elle. L'accelération se produit pourtant à des instants que l'intuition nous permettrait de qualifier de "précis". Soudainement, sans que l'on y pense, elle survient et submerge toutes les pensées. Il n'est pas nécessaire de tenter de la controler car c'est impossible. Elle s'insinue dans tous les espaces encore vides comme un liquide vaporeux et comble le moindre volume d'air. Sous son influence surnaturelle elle précipite toutes les pensées et actions vers l'avant, comme dans un futur proche et parfaitement envisageable. Quelque soit l'action entreprise, précédent son arrivée, elle se voit accelérée, forcée à la clarification, la richesse et la perfection. En plus d'entrainner les choses avec son aura vigoureuse, elle les miltiplie. Il s'agit d'une sorte de corne d'abondance, qui frappe presque au hasard. "Presque" car on ne prédit pas sa venue, mais lorsqu'elle survient c'est alors inévitable et malgré l'infinité d'évenements possibles et imaginables susceptibles de se produire normalement, rien n'aurait pu prendre sa place à cet instant. Pendant quelques secondes, à quelques minutes, on peut se sentir proche d'une sorte de vérité absolue, de diversité, de multiplicité, d'émergence de la vie, de la matière et de l'âme. Du point de vue d'une existence presque exclusivement matérielle, on a tendance à ressentir davantage son coté "inépuisable" que sa nature éthérée et "divine". Enfin, apres son passage, on se sent marqué d'une essence surnaturelle, plus apte à vivre, à comprendre, à prendre du recul, à anticiper et à communiquer qu'auparavant. Ca ne dure, hélas, qu'un bref instant mais c'est suffisant pour en conserver un souvenir marquant, voire peut etre meme traumatisant. On peut y voir la seule drogue sans effet secondaire indésirable, quoique ce point reste à débattre bien sure. La dépendance qui en découle est bien étrange car le temps qui passe apres cet évenement modifie beaucoup la perception résiduelle que l'on en retient. C'est, par conséquent, l'envie de reproduire quelque chose dont on ne connait plus le gout, mais que l'on sait infiniment satisfaisant. Il en reste du moins un étrange besoin de croissance et de perpétuation de la vie, de volonté de diversité et de créativité. Et, intuitivement ainsi qu'inconsciemment, on y retrouve notre éternelle et inexhaustible source d'inspiration. L'imagination crée des choses à partir d'influences en effet, mais une part de cette création provient de ce sentiment primitif. C'est d'ailleurs ce qui en fait son mystère et donc son pouvoir de séduction sans faille, personne ne saurait etre raisonnable avec un plaisir.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 12 avril 2007 18:54

Disturbances on glassy waters...

Encore une fois, les évenements et les pensées convergent vers le meme point. Il est temps de se reposer, de chasser toutes ces ondes qui perturbent un chemin déjà accidenté et sinueux. Les premieres choses qui me viennent alors sont presque maternelles, en effet c'est un instinct qui me pousse à chercher la noirceur et la protection. Alors je me tourne vers ton cou, et l'odeur de ton écharpe. Sommes nous la seule espece vivante à trouver que la création aurait du augmenter la fréquence de ce genre d'instants. Peut etre qu'on les aime parce qu'ils sont éphémères justement. Le bonheur est à double tranchant, on en profite à chaque moment sans aucune prévision sur l'avenir, on n'anticipe plus rien, éblouit par la clarté temporaire. Et quand cette petite flamme s'éteint, il n'y a plus que du noir. Certains y voient comme un terrain vague pour l'imagination et tentent de reconstruire leur joie. S'il n'y a en effet aucune cicatrice apparante sur leur corps, leur âme en est profondément marquée. Mais la nature humaine a du mal à croire ce qu'elle ne voit pas, et elle élabore des théories infondées. En somme, on est productif lorsque l'on est soumis à l'épreuve, chose absente dans la joie. Pas de labeur, pas d'effort, donc pas de contrainte. On apprend lorsqu'on a la nécessité de le faire, c'est alors un besoin vital qu'il faut combler. Mais quand on pense déjà tout avoir on se laisse aller à une décadence mentale, une dépravation. Et meme si la raison me ferait continuer une telle reflexion, je préfère en rester à l'odeur de ton écharpe et à la douceur de sa soie. Je préfère aussi l'obscurité de cette pièce, je ne veux pas entendre ni voir l'extérieur. J'aimerais que le temps arrete un peu sa course, pour que je profite de lui et qu'il laisse ma main sur ton ventre. Au final c'est ce concept, le temps, qui nous aura le plus tourmenté. Je me demande si toi, tu peuses à tout ça. Parfois j'ai l'impression d'etre loin des autres, j'ai l'impression que tous les autres ont compris, sauf moi. Et qu'ils ne veulent pas me faire comprendre car mon cas est perdu d'avance... Que je ne peux pas partager ce qui m'ait chere et personnel car les autres le savent déjà, et que ça ne les interessent pas. Et toi, est ce ça qui t'interesse ? Ou es tu ici dans un tout autre but ? Est que ce que tu ressens lorsque que je frole ta joue est identique à l'émotion que je déploie en t'offrant cette attention... Peut etre qu'on ne voit pas du tout les choses de la meme façon... Quoiqu'il en soit, ton cou est un bien meilleur refuge que mes pensées...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 avril 2007 20:58

Coulée de fluide cérébral anisotropique...

Coulée de fluide cérébral anisotropique...
Au beau milieu d'un désert de sable fin et blanc, recouvert d'un ciel noir profond sans nuage et sans étoile, il y avait une petite lueur. Un être maladroit et vacillant se dirigeait vers ce refuge, les bras tendus vers l'avant pour prévenir d'éventuels obstacles. La lumière provenait en fait d'un lampadaire métallique, sorti du sol. Sa tete recourbée surplombait une chaise en bois sur laquelle se tenait un bien étrange individu. Il etait affalé sur le dossier, et lisait un vieux livre à la reliure de cuir en plissant les yeux et en fronçant les sourcils. Il revêtait un accoutrement semblable à celui d'un bouffon, un habit de coton doublé d'un damier en satin noir et blanc. Une fine rapière pendait à sa ceinture. Le marcheur malhabile entra dans le halo du réverbère, et regarda avec étonnement le spectable qui s'offrait à lui.

L'homme aux vetements de bouffon, sans quitter son livre des yeux, dit alors :

"Vous cherchez le sommeil je parie. Il est parti plus au Nord, vous le trouverez au point de lumière numéro 12. Ici, c'est le 47."

Le nouvel arrivant laissa tomber ses bras le longs de son corps, et prit un air abasourdi. Puis, il se rendit compte qu'il était en pijama bleu clair et qu'un étiquette brodée au niveau de sa poitrine indiquait le nom "Gabrielle". Le doute et la confusion assaillirent son esprit. Son visage exprima un rictus de folie et il répondit un genre d'interrogation primaire et incontrolée.

"Qu... Quoi ?! Mais je suis où ?"

"Au 47, je viens de vous le dire." Rétorqua le bouffon.

Gabrielle : "Mais 47 quoi ? C'est une rue ici ? Je vois pas de mur ! Y a que du sable !"

Bouffon, gardant un air impassible et fixant sa lecture : "Ils sont completement fous ce soir..."

Gabrielle : "Et, pourquoi je m'appelle Gabrielle ?"

Bouffon, cette fois tourna sa tete vers son interlocuteur et lui cria, couplé d'une grimace déformante : "Mais non crétin, le recteur Gabrielle ! Vous cherchez le recteur Gabrielle ! Il est au 12, vous voyez le point lumineux là bas, c'est le Nord ! Allez y, ou bien achetez vous une boussole merde !"

Décontenancé, et ne sachant que dire d'autre, l'homme avec l'étiquette Gabrielle s'en alla dans le désert sombre et inconnu, en direction du point 12, indiqué précédemment. Derrière lui le bouffon ralait encore, les grelots de sa coiffe s'agitaient frénétiquement sous l'éclairage blafard du réverbère numéroté 47. Plusieurs heures passèrent, et la prochaine lueur se rapprochaient petit à petit. L'homme marchait lentement dans le noir... En chemin il croisa un squelette adossé sur le pied d'un lampadaire éteint. Il arriva enfin au numéro 12, qui difusait une lumière rouge. Une haute et somptueuse coiffure de cheveux blonds sortait d'une baignoire, accompagné d'une montagne de mousse et de quelques bulles de savon. Deux jambes fines et pâles sortaient de chaque coté, de l'eau dégoulinait des orteils. L'homme s'approcha timidement et toussa pour faire savoir sa présence. A ce moment la femme qui prenait son bain hurla à toute gorge et se cacha au plus profond de l'eau.

Elle cria : "J'avais dit que je mettais un cache rouge sur ma lampe quand je prenais mon bain ! Qui etes vous ?"

L'homme : "Ben... Excusez moi, il parait que je cherche Gabrielle... Euh, le recteur."

Sur ces mots, la femme sorti de son bain, rinça sa peau de la mousse et s'avança vers l'homme sans aucune pudeur. Elle avait une silhouette mince et une peau blanche et lumineuse. Une longue ligne noire était tatouée du haut de son front jusqu'à sa cuisse, passait sur sa paupière et le coin de sa bouche.

Elle dit, d'un air assuré, loin de la timidité et de la fragilité de sa premiere phrase : "Je suis Gabrielle, mais ce n'est pas moi que vous cherchez, c'est le sommeil dont je dispose. Alors, il va falloir me rendre un service immense, pour en bénéficier."

L'homme : "Mais je veux juste dormir... Rien de plus..."

Gabrielle : "Rien de plus ? Mais c'est ici le plus noble des raffinements... La monaie d'échange pour un tel souhait est au moins un baiser déposé sur mes mains si délicates.

Surpris, mais désireux d'en finir, l'homme prit une des mains de Gabrielle et la porta jusqu'à ses levres. A ce moment, elle attrapa la gorge de ce dernier et la tint fermement. Elle lui murmura à l'oreille : "Tu peux dormir, à présent."

L'homme s'écroula sur le sable en soulevant un petit nuage de poussière scintillante, et expira une dernière bouffée d'air en pleine conscience, puis sombra dans ses songes. Des visions de formes organiques et colorées peuplèrent son esprit embrumé, des visions de Gabrielle, le corps recouvert de lignes noires ondulant comme des serpents. Apres un temps indéfinissable, l'homme se réveilla, sur le sable, devant les portes d'une construction de pierre ocre. C'était une sorte de monument solennel, fiché au milieu du désert, éclairé par un réverbère. La devanture oscillait entre le renaissance et le baroque. Les portes d'ébène sombre demeuraient closes et puissantes. Il se releva, et de son regard flou et vague, il observa cet étrange édifice.

...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 04 avril 2007 20:01

Illustration de Sylvestre, inspirée de l'article "Voyage dans les cieux...".

Illustration de Sylvestre, inspirée de l'article "Voyage dans les cieux...".
Illustration de Sylvestre, inspirée de l'article "Voyage dans les cieux...". Le texte est daté du 11 Janvier 2007. Vision tres psychédélique, loin de l'idée de départ en ce qui concerne les décors mais étonnant quant à la "nouveauté" graphique. C'est toujours enrichissant de voir comment les autres peuvent interpreter une création, de voir comment ils la conçoivent.

# Posté le mardi 27 mars 2007 01:44