On fait mention de la petite Fée...

On fait mention de la petite Fée...
Oh Dieu que j'aimerais gouter ton souffle de vie... Afin de pouvoir profiter de la béatitude divine, que vous cachez et gardez pour vous, tout là haut. Je suis allongé sur une chaise longue, je ne ressens aucune tension, tout est apaisé et relaché. Je suis l'ombre de moi meme, je ne pese pas plus que la fumée qui s'égare dans la piece. Les lumières sont floues, aquatiques... Les murs indistincts ne m'inspirent aucune confiance. Je prefere l'étendue horizontale pour la stabilité et le confort qu'elle apporte. De petites choses singulièrement belles attirent mon attention. Une petite lanterne en verre dont la flamme intérieure fait vaciller les ombres délicates. La cuillère qui repose sur le bord de mon verre, j'aperçois les formes de fer qui se courbent et se cambrent. Le brouillard ambiant pousse mes yeux à chercher des repères. Mon bras se tend pour saisir une tasse et se plie pour l'apporter jusqu'à mes levres. Je ne les sens meme plus, c'est comme si j'avais pris un recul sur mon propre point de vue, je me controle sans me sentir. Je suis conscient qu'un liquide coule au fonde de ma gorge, révélant sans doute des saveurs orientales et colorées, mais je suis anesthésié. Je regarde les formes indiennes de mes rideaux, elles semblent endiablées. Les boisures de la cheminé sont teintées d'ocre et de pourpre, illuminées par le foyer rougeoyant. Je laisse ma nuque se détendre, reposant ma tete en arriere. Le plafond semble si loin, le lustre est un chateau de verre rayonnant parmis des cieux lourds de nuages. Les moulures du socle qui le retient ondulent, comme des clématites fougueuses sous un soleil ardent.

J'entends encore le crépitement de cette liqueur volatile, je la vois se vaporiser et investir tous les pores de ma peau, courrir le longs de mes veines. A chaque fois que cet instinct reptilien me tient, et que je lui obéis à la fois consentant et forcé, j'ai l'impression de tuer une petite Fée. Sa lumière verte et océane s'éteint à me sure que je m'abreuve de son essence. Et une fois dépourvue de force, elle se dépose délicatement sur le fond de verre, disposant ses minces ailes de part et d'autre de sa jolie silhouette. De sa bouche s'échappe alors une pincée de poussière celeste qui colore timidement ma vision, puis disparait... Il ne reste qu'un petit monticule de cendres inertes. Malgré cela, j'ai l'intime conviction qu'en dehors d'une destruction, c'est une sublimation. La petite créature recommence un cycle alors que je transcende mon existence...

Je devrais dormir
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 mars 2007 20:09

Faune...

Faune...
Le faune marche discretement dans sa foret. Il place habilement ses sabots entre les feuilles mortes sur le sol, il avance délicatement. Il fait nuit, la lumiere blafarde de la Lune irradie les bois. Elle se cache de temps à autres derriere les grands arbres. Le faune parcourt un terrain en pente douce, l'air inquiet et l'oeil observateur. Il guette... Sa chevelure est comme une longue criniere brune et deux petites cornes ornent le haut de son front. Il souffle une fumée claire par ses naseaux, paisiblement. Silencieusement, il tire une longue et fine fleche du fourreau pendu à sa ceinture. Il l'encoche et bande son arc. Son regard aiguisé cherche dans les ombres lointaines parmis les arbres et les buissons. La foret est encore pleine de petits mouvements et de petits bruits délicats qui font le charme de la nuit. Mais soudain, plus un son... Le faune git immobile telle une statue et retient sa respiration...
La créature décoche alors la fleche d'un mouvement bref et précis, celle ci file à toute allure entre les arbres. On entend uniquement le sifflement du projectile dans l'air frais des bois... Plus loin, un homme s'est arreté. Alerté par un faible son en sa direction. Sans avoir eu le temps de réagir, il subit l'impact. La fleche a subitement traversé le métal d'une armure, le gambison, le lin et enfin la peau et la chair... L'homme est figé, les yeux écarquillés et la bouche béante. Il reste coi, comme s'il avait peur de regarder ce qui venait de lui arriver. Il tombe à genou et lache la lame de sa main. Ses muscles se tendent, il baisse la tete et observe la fleche qui vient de lui transpercer le coeur. Il voit le sang perler à petites gouttes sombres le long de son armure. Puis il tombelourdement sur le sol, face contre terre.
Quelques instants plus tard, le faune arrive pres de sa victime, scrutant prudemment les alentours. Il s'avance pres du corps gisant sur le sol et le retourne du sabot. Il est satisfait d'avoir si bien touché un abject profanateur, un coup précis, sans bavure et sans bruit. C'est alors que l'expression sur le visage du faune se change en stupéfaction... Il vient d'apercevoir un petit objet pendu au coup de l'homme. C'est une toute petite flute en terre cuite, propre aux peuples des bois...

"Dessin par Maryline, à partir de ce texte. Merci à toi ^^
L'autre planche n'est hélas pas encore faite, et aucune coloration n'a été prévue."
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 26 mars 2007 15:13

D'une chose et son contraire, nait un complexe puissant mais instable...

D'une chose et son contraire, nait un complexe puissant mais instable...
Mystification du plexus solaire, ouverture de tous les pores de l'encéphale. Les pensées chavirent, tombent de leurs canaux d'irrigation et s'éparpillent dans les bas fonds du crane. La fange de toutes les idées, baignant dans un liquide semblable à de la lymphe. Emulsion de limon noir, une sorte de manifestation chaotique contagieuse et épidémique. Elle se propage par le biais des échanges émotionnels aux travers des différentes régions de l'esprit, elle corrompt à son passage les parties canalisées, structurées, en proie à la droiture et la rigueur de la Loi. Il existe 63 interventions possibles, envisageables d'un point de vue statistique, mathématiquement probables. Elles sont le reflet d'un état d'esprit particulier, propre à un instant précis et découlant d'une succession infiniment grande d'actions passées, d'influences extérieures et de reflexions personelles. Elles sont, de plus, une porte ouverte aux intimités et aux âmes intérieures. Pas une porte béante et large, plutot une petite ouverture dans le coin de la muraille d'une forteresse inextricable, dont les murs sont fait de la matière la plus resistante que la nature ait pu faire naitre. Il faut d'ailleurs prendre garde lorsqu'on s'y aventure avec un statu indéfini, car les longs et sombres corridors de ce bastion millénaire sont truffés de pièges dont les bases sont liées aux plus instinctifs des fantasmes et des vices, aux émotions primaires désordonnées. La prise d'assaut d'un tel lieu serait un acte desespéré de suicide, la seule façon de parvenir au coeur est d'y etre invité. Sans acceptation de sa personne, il est hors de question d'acceder à la connaissance. Car cette meme acceptation est en partie constituée d'une étape de jugement qui compte dans ses critères l'analyse de l'aventureux(se) et de sa relation avec une éventuelle sagesse. Ici encore réside une remarque : la notion de sagesse dans ce concept ne coincide pas avec la définition usuelle du terme. Il s'agit en effet d'une relative sérénité et d'un recul sur sa propre existence et sur celle de l'univers qui nous entoure, que l'individu en question penche d'un coté ou de l'autre sur la balance de la modération. Tout ceci constitue en quelque sorte les propres notions du bien et du mal chez l'auteur de l'intrusion, ou l'hôte invité. Notions cela dit tres subjectives.

On ne peut acquerrir l'intégralité spirituelle d'un être en le tourmentant, il en va de meme en ce qui concerne l'intégralité matérielle, mais cette derniere est plus vulnérable dans un monde physiquement palpable et sensitif, quoi qu'érroné quant à la manière habituelle dont on l'analyse et le découvre.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 24 mars 2007 20:32

Jus de pomme...

Ne tergiverse pas, ne tergiverse pas, c'est l'inconscient de la scène présente qui communique toute l'émotion de l'instant. Il ne faut pas tergiverser, il ne faut pas tourner autour du pot, dans lequel baignent les racines du sujet, plongées dans une solution tamponnée nutritive qui leur permet d'assurer leur croissance et ainsi de participer à la vie, de contribuer à l'évolution de leur espèce. L'espèce de communication, de branche "in" traitant de l'esprit et de ses facultés émotionnelles élevées, en vogue dans les salons de thé spirituel les plus huppés de la capitale culturelle et intellectuelle de l'âme. La véritable citadelle de la création, où brûlent les liens ardents et où volent les anges, en quête de la mortalité et de la chair. Ils volent comme des papillons dans une cage, ils virevoltent, agités par le dégoût d'eux même, le désordre de leur cerveau, ce dernier n'accepte pas l'état actuel des évènements. Volatiles frétillant dans les volutes de fumée du paradis, ils sont comme le mélange de tous les constituants d'un cocktail multicolore et puissant, martial et solennel. Une grande fresque des envies sournoises, un tableau d'abondance, de chaos et de création infinie et anarchique. La lumière blanche et salvatrice, comme la claymore d'un gardien loyal, viendra trancher dans la matière éthérée et la modélisera selon toutes les lois divines édifiées pour lui faire prendre forme. Cette amas de matière en activité se reproduira encore et encore, chaque membre sera lier à tous les autres, tous unis dans une pensée commune et pure, à l'extrême de la discipline et de la concentration. Car la somme de nos énergies fougueuses, rigoureusement canalisées, se reflétera dans l'espace à l'image d'une terre nouvelle et d'une grande humanité. Quelle montée en puissance de l'uniformité, de l'unité, de la fraternité. Une conception presque trop parfaite d'une entité faite de désordres et de fluctuations, guidée par le hasard et le doute dans un océan sombre et oppressant. Chaque individu est insignifiant, il doit contribuer à l'évolution de sa communauté en se donnant corps et âmes aux taches qui lui sont confiées, aucun respect de l'intégrité, de la personnalité, de l'individualité, et de la dualité humaine. Il est bon d'être soudé lorsqu'on est en nombre et rangés, mais au yeux de Dieu nous ne sommes que des brebis égarées, éparpillées par petits troupeaux apeurés et aveuglés. La capacité à produire sans reproduire n'est pas proportionnel au nombre de créateurs, elle est infiniment plus élevée.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 21 mars 2007 06:17

Végétal

Végétal
On commence juste par preter l'oreille, alerté par des sonorités inhabituelles. On se rend compte alors que le murmure incessant qui nous tourmente est une copieuse mélodie, compliquée et enchevetrée comme des ronces en friches. Ses ronces d'un vert profond, qui poussent dans la folie pour recouvrirent les restes, les souvenirs, les fondations de pierre que le temps peine à effacer. Alors que ces excroissances organiques en mouvement prennent forme, leur musique évolue. On connait déjà le piege, mais il est si savoureux que l'on s'y donne entierement. D'abords, les charmes de ses demoiselles végétales, leur voix qui chante d'anciennes complaintes, qui chuchotte dans le coup et juste derriere les lobes. Leurs feuilles douces s'enroulent autour des membres, on se laisse envahir par un épais brouillard. La musique est agréable, on nage dans les lymbes, tout est voluptueux et paisible. Des fréquences froides et limpides nous menent voguer sur le tapis nuageux du ciel, on goutte les neiges les plus hautes et les plus rares, les eaux les plus claires et les plus raffinées. Puis, de plus chaudes fréquences nous plonge dans des chambres aux murs de velour pourpre et aux rideaux de soie rouge, où plus que les plaisirs de la chair, sont accessibles ceux de l'esprit. On suit passivement le flux, au gré du temps et de l'espace, comme un spectateur emerveillé et extasié. Les feuilles, dont nos membres sont si langoureusement prisionniers, se retournent et enfoncent leurs épines dans la peau. Leur venin vaporisait déjà l'air on l'a déjà mortellement respirer, mais maintenant il abreuve nos rainures. Les tiges se contortionnent comme des reptiles, prennent une forme incurvée, menaçante, déjà vue... La musique prend alors une autre voie, cadencée, lourde, intrigante. Elle semble dépeindre tout l'état de transe envenimée, toutes les contractions, toutes les émotions... Le réconfort du sol, la joue contre le marbre froid, le regard fixe, inerte. Quel stratagème machiavélique, que d'inspirer l'extase pour mieux digerer la chair. Le corps recouvert de contusions, de petits ouvertures précises et profondes...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 14 mars 2007 20:02

Modifié le vendredi 16 mars 2007 19:45